2026-01-30 : Art de la décroissance technologique

J’ai mis un peu de temps avant de me rendre compte de ce qui m’arrivait. Je travaille dans la tech, l’industrie, la conception de machines et autres inventions depuis une quinzaine d’années.

Je me souviens, avant j’étais toujours féru de nouvelles innovations, matériels, machines, etc. J’adorais bricoler mes PC, réinstaller les OS, tester des dizaines de logiciels.

J’imaginais un futur où je serai toujours hyper connecté, hyper à la pointe de ce que la technologie pouvait m’offrir, tout comprendre, tout améliorer.

Mes yeux se sont ouverts de manière assez progressive. Tout d’abord, dans mon entreprise (je concevais des imprimantes 3D). J’ai commencé à essayer de simplifier les conceptions. Pourquoi mettre en place les nouvelles cartes électroniques derniers cris alors que les anciens modèles fonctionnaient bien jusque là pour les tâches qui leur étaient confiées ? Pourquoi s’alourdir avec des matériels ou des logiciels sur lesquels on a pas assez de retours et où on ne pourra pas connaître la notion d’obsolescence avant un moment ?

Après, à la maison. J’avais testé des embryons de systèmes domotiques pour offrir du confort à chacun. Mais en avions nous besoin ? Avec ces systèmes, je n’ai pas compté le temps passé, mais entre leur mise en place, leur configuration et leur dépannage, j’aurai pu passer plus de temps à faire des choses plus essentielles. Pourquoi vouloir toujours du neuf, du plus rapide, du meilleur, alors que l’équipement d’avant fonctionnait parfaitement bien ?

Depuis quelques mois, c’est un peu un glissement vers un extrémisme de décroissance technologique (un comble, quand on connait mon métier actuel). A chaque nouvelle idée d’achat, je me pose la question de savoir :

Je pourrai faire un diagramme de décision avec ces quelques questions et me les poser de manière beaucoup plus pragmatique à chaque fois.

Pour illustrer mon propos : j’ai eu diverses cafetières dans ma vie. Toutes électriques. Toutes sont tombées en panne ou ont eu des problèmes. J’ai depuis une dizaine d’années la solution ultime : un moulin à grains Peugeot, et une cafetière à piston (ou french press en anglais). Voilà, c’est simple, ça dure une vie et ça ne tombe pas en panne. Et en plus ça fait du café !

Je me rends compte que je suis bien moins sujet à vouloir acheter des choses parce que je n’ai ni télévision, ni radio, ni réseaux sociaux algorithmiques.

J’ai pensé à cet article car dans la phase actuelle de préparation à la production de mes livres chez moi, je pense tout de façon low-tech :

Je verrais bien où cette démarche me conduira, surtout sur l’aspect production de mes livres, mais je crois en ce cercle vertueux, plus respectueux des ressources disponibles.

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