Alors j’aime relativement bien Vincent Cassel et j’ai donc voulu regarder ce film avec ma compagne. Bilan.
Les Linceuls, c’est un film de David Cronenberg (Existenz, entre autres) avec Vincent Cassel, Diane Kruger, Guy Pearce pour les têtes d’affiche.
Dans un futur proche (genre 2050), un riche veuf qui a perdu sa femme trop tôt à cause d’un cancer crée une société dans la tech où il invente des linceuls connectés permettant de suivre par tomographie 3D la décomposition des êtres aimés. Un poil glauque mais bon.
Le cimetierre où est sa femme est saccagé par on ne sait qui, et les données sont piratées. Enquête.
Je me dis toujours qu’un film ou un livre que je n’ai pas aimé et qui malgré tout m’y refait penser plusieurs jours, voire quelques semaines plus tard est finalement une oeuvre qui a réussi car elle m’a fait réfléchir. Ce n’était donc pas un simple divertissement vite oublié.
En cela, Les Linceuls ont réussi quelque chose.
Après, l’histoire est assez incompréhensible. La partie complot avec les russes ou les chinois est tellement mal amenée, c’est grotesque.
En vrai on comprend un peu rien où Cronenberg a voulu nous emmené.
J’ai trouvé le jeu des acteurs assez pauvres, je pense qu’ils ont eu du mal à savoir où ils allaient dans cette aventure morbide.
Des scènes un peu dérangeantes, où Vincent Cassel fait l’amour avec la soeur de sa défunte épouse et où ils parlent du chien de sa copine (what ?).
A d’autres moments l’enquête ne sert à rien sinon continuer à nous embrouiller et le film s’arrête sur… bah rien du tout. On pourrait se dire que ça se termine au milieu pour faire un numéro 2 mais non c’est fini, on a rien compris, on s’est fait balader pendant deux heures.
Cependant, c’est vraiment dommage car il y avait des thématiques qui auraient pu être mieux traitées comme le deuil, la mort, le côté morbide de voir le défunt se décomposer sous ses yeux, la reconstruction, le corps qui devient objet d’expérimentation pour les médecins.
Bref il y avait de la matière qui a été saccagée avec une intrigue très maladroite.
Pareil, Guy Pearce, qui est l’ex beau frère de Vincent Cassel, avec qui ils ont donc dû passer plusieurs années à se cotoyer. Et bah Vincent Cassel n’avait jamais remarqué que son beau frère a deux doigts en moins et il s’en sert pour lui faire croire qu’il s’est fait torturer (pour autant, j’avais remarqué au début du film qu’il tapait bizarrement au clavier, donc au moins il y avait une certaine cohérence à ce niveau là).
Il est à noter que David Cronenberg a perdu sa femme en 2017 d’une maladie et ce film est donc plutôt une sorte d’introspection sur lui même.
D’ailleurs, et c’est assez morbide, le réalisateur a tourné un très court court métrage (1 min) où il vient embrasser son lui mort dans un lit (cherchez sur le net c’est spécial).
Donc en fait, plus qu’un film pour le public, c’est peut-être un film pour lui même tout compte fait.
Un autre point intéressant à noter : Vincent Cassel ne passe pas son deuil, même 5 ou 6 ans après la mort de sa femme. Il la regarde tous les jours se décomposer, a des cadres photos numériques d’elle en version squelette, etc (sympa l’ambiance dans l’appart !). Toujours est-il qu’avec le saccage des tombes, il ne peut plus accéder au flux image et donc il mène son enquête avec la non possibilité de perdre du temps à contempler son épouse. Il ne va jamais aussi bien qu’à ce moment là.
Et oui, il couche avec 2 femmes (celle d’un futur client et la soeur de son ex femme). Car au début du film, il a un date avec une femme, dans le resto de son cimetierre et finalement il ne fait que lui parler d’elle. Dur pour la pauvre film d’être séduite par cet homme !
Je passe du temps à écrire un article donc forcément ça veut dire que le film m’a touché quelque part. Mais franchement je considère que c’est un peu du temps de perdu quand même. Avec moins de complot et une intrigue menant à un dénouement, ça aurait pu faire quelque chose de bien.
Si seulement ce temps avait utilisé pour travailler en profondeur les thématiques survolées…
Contenu sous licence CC BY-NC-SA 4.0